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Chap4 : explication (suite)
Remus répondit :
« A vrai dire, je l’ai rattrapé alors qu’il sautait
de la tour d’astronomie, après s’être lancé
un sort puissant pour s’automutiler ; je voulais lui laisser une
chance de s’expliquer sur ses actes, et faire en sorte que toute
l’école ne soit pas au courant de…..de ce qu’il
tentait de faire…. »
Severus ne put en entendre d’avantage :
« Se suicider Lupin ! Ce n’est pas rien : vous auriez dû
avertir Dumbledore, l’avez-vous au moins fait quand vous êtes
allé le voir ? »
Remus sembla hésiter :
« Eh bien non, pas encore… »
Il semblait porter le monde sur ses épaules.
« Quand je suis monté voir Albus, je n’ai trouvé
ni le courage ni les mots pour lui en parler … »
Severus le coupa encore une fois :
« Lupin ! Ouvrez les yeux, Potter aura un jour ou l’autre
à s’expliquer, ou bien nous l’enterrerons, il a besoin
d’aide ! Alors, dés son réveil, vous lui parlerez,
et ensuite, vous irez voir Albus, pendant que j’empêcherai
votre protégé de refaire une erreur. »
Lupin ne put qu’acquiescer.
Harry, qui dormait comme une souche malgré les deux hommes qui
se querellaient à son chevet, s’éveilla une quinzaine
de minutes plus tard.
Après avoir parlé à Remus, il consentit à
ce que celui-ci aille voir son directeur (et grand-père de substitution),
bien que c’était plus pour être tranquille qu’autre
chose.
Rémus partit et Harry fut de nouveau seul avec son professeur.
Il voulut de nouveau quitter son lit, mais à peine avait il posé
un pied à terre qu’il s’écroula de nouveau.
Le maître des potions s’avança à grands pas
vers lui et le releva pour l’asseoir sur le lit, et tout cela sans
aucune douceur bien entendu…
« Eh bien Potter, où comptez vous aller comme ça
?... » Sa voix était doucereuse.
Harry soupira, et dit d’une voix faible et roque :
« Je voudrais aller sur un fauteuil près du feu….j’ai
froid… »
Severus sembla réfléchir un instant et se prononça
enfin :
« Accrochez vous à mon bras, et marchez a votre rythme. »
Ils avancèrent lentement à travers la pièce, et
Harry prit place dans un des fauteuils. Snape s’installa sur un
autre fauteuil à ses cotés.
Le survivant fixa l’âtre sans ciller ; il sentait le regard
de son professeur peser sur lui.
« Vous jubilez bien j’espère, dit-il alors d’un
ton amer… »
« Que voulez-vous dire ? »
« Je veux dire, continua Harry, non sans difficulté, que
ça doit être jouissif pour vous de voir le survivant, fils
de James Potter, votre élève honni …» il toussa
un peu « …faire preuve de faiblesse, et même, en essayant
une chose aussi simple que de mettre fin à ses jours, …échouer.
»
Snape, comme à son habitude, ne montra aucun sentiment. Il ne
répondit pas, les paroles du jeune Gryffondor l’ayant troublé,
et ne sachant pas ce qu’il ressentait à l’égard
de Potter junior.
Il est vrai que tous les éléments étaient réunis
pour qu’il soit au 7e ciel, mais non, c’était plus
fort que lui, il se sentait triste pour Potter de voir à quoi il
en était réduit pour avoir un minimum de contrôle
sur son existence, et à quel point il ne croyait plus à
la vie, l’amour et tout ce qui s’en suit…
Harry, quant à lui, fixait de nouveau les flammes danser, et les
bûches se consumer progressivement.
C’est alors qu’une main sur son épaule le ramena à
la réalité, il sursauta.
« Nerveux Potter ?… Tenez, buvez »
Il lui tendit une tasse.
« Ce ne pourra que vous faire du bien »
Harry observa le liquide sombre et fumant qui emplissait la tasse.
Harry hésita à boire, et préféra lancer un
regard à son professeur, qui lui dit :
« Ne soyez pas plus bête que vous ne l’êtes déjà
Potter, ceci (il montra sa propre tasse remplie du même liquide)
n’est pas du poison, ça serait vous faire trop plaisir, et
vous faciliter la tâche. »
Son ton se voulait ironique, mais Severus sentait bien que la petite joie
qui accompagnait habituellement ses petites piques lancées au Gryffondor
était inexistante.
Harry lui baissa la tête, ignorant de l’introspection dont
son professeur était l’objet.
Il sentait un poids sur son cœur, et poussa un soupire presque imperceptible,
mais que Snape entendit pourtant.
« C’est du chocolat chaud Potter. »
Harry but alors une gorgée et émit un faible « merci.
»
Severus n’aurait jamais pensé voir le survivant dans un tel
état.
Le Potter arrogant, imbu de lui-même, en un mot Gryffondor, avait
disparu, ne laissant place qu’à son ombre. La petite étincelle
d’innocence et de malice qui habitait ses yeux avait laissé
place à un gouffre sans fond.
Harry but lentement sa tasse, perdue dans l’abysse de ses pensées,
toujours ses deux émeraudes fixées sur le feu qui brûlait.
C’est alors que les têtes de Dumbledore et de Rémus
apparurent dans l’âtre, ce qui ne manqua pas de faire bondir
Harry dans son fauteuil et de faire sourire Severus, qui se retourna ensuite
vers la cheminée.
« Bonsoir, Severus, Harry » commença Dumbledore.
Harry et Severus répondirent par un signe de tête et écoutèrent
ce que leur directeur avait à leur dire.
« Bien…Remus m’a parlé des événements
de cette soirée, et j’aimerais m’en entretenir avec
toi, Harry ; je vous attends dans mon bureau, Severus ce fera un plaisir
de t’y accompagner… »
‘Comme si j’avais besoin d’une escorte’ pensa
Harry.
Mais Severus prit la parole,
« M le directeur, je ne pense pas que Harry soit en état
de monter jusqu’à votre bureau, il serait préférable
que vous veniez. »
« Très bien, dans ce cas, nous arrivons » conclu Dumbledore.
Sur ce, les deux têtes disparurent.
Quelques minutes plus tard, Dumbledore et Rémus entrèrent
dans les appartements de celui-ci. « Severus, pourriez-vous nous
laisser seuls s’il vous plaît ?... »
Rémus, suivi par Severus, sortit.
Dumbledore pris place dans un fauteuil en face de celui d’Harry,
mais ne dit rien. Il fit apparaître une petite table garnie de gâteaux
au chocolat et de thé.
Le directeur invita Harry à se servir, puis commença :
« Harry…Je doute que tu souhaites en parler avec moi, mais
sache que tu peux tout me dire, je te viendrais toujours en aide, quoi
que tu fasses ; et Rémus aussi d’ailleurs, il tient énormément
à toi tu sais….. Et, bien qu’il ne l’avouera
jamais, je suis certain que Severus aussi serait prêt à t’écouter…
»
Harry regarda son directeur comme s’il avait dit la chose la plus
absurde au monde…Severus Snape, la terreur des cachots, lui prêter
oreille…. Il attendait de voir ça.
« Harry, reprit Dumbledore, souhaites-tu en parler maintenant ?
»
Harry chercha ses mots :
« Je ne sais pas professeur, …pour l’instant, je…je
suis un peu confus… »
« Très bien, ne t’inquiète pas, prends ton temps,
répondit Dumbledore, dont les yeux ne pétillaient plus.
»
Quelques anges passèrent tranquillement, puis le directeur se
leva et prit la direction de la porte.
Mais avant de sortir, il se retourna, et dit :
« Au fait Harry, je voulais aussi te dire que, pour ta propre tranquillité,
je t’ai fait préparer un appartement dans les cachots. Cela
te convient-il ? »
Harry fut surpris, mais apprécia l’idée d’être
enfin loin de l’agitation de la tour des Gryffondor, ainsi que de
ses deux amis Ron et Hermione, qui en essayant de lui remonter le moral
et lui demandant toutes les 4 minutes comment il allait, l’étouffaient
plus qu’autre chose.
Mais il soupçonnait Dumbledore de faire cela plus dans le but
de garder un œil sur lui.
Il accepta tout de même la proposition après de mûres
et rapides réflexions.
Lorsque Dumbledore sortit, on pouvait voir sur son visage de la tristesse,
mais dans ses yeux, une étincelle énigmatique venait d’apparaître
; Harry ne se doutait vraiment pas de ce qui l’attendait.
Un peu plus tôt, alors que Dumbledore s’entretenait avec Harry,
Remus interpella Severus qui se dirigeait vers ses cachots.
« Snape,…il faudrait que je vous parle… »
Severus se retourna, et fit face à son interlocuteur.
« Je vous écoute Lupin, mais faites vite. »
Remus repris :
« Voyez vous, seul vous, Albus, et moi-même sommes au courant
de l’état dans lequel se trouve Harry….et euh….il
serait préférable que cela ne s’ébruite pas…
»
Severus leva les yeux au ciel :
« Ne soyez pas inquiet, je ne souhaite pas que toute l’école
sache que j’ai aidé le survivant à survivre encore
un peu… »
Il avait dit cette phrase, en un souffle, et d’un ton de dégoût.
Remus eut en faible sourire, alors que Snape reprenait son chemin vers
les bas-fonds du château.
Mais Remus l’interpella une seconde fois :
« Attendez ! Il faut que je vous dise (il prit une inspiration,
comme si ses mots lui pesaient)… Eh bien… Albus a particulièrement
insisté sur un point. »
Snape se retourna, car il se méfiait des idées auxquelles
tenait particulièrement le vieux fou qui leur servait de directeur.
Il écouta tout de même ce qu’avait à dire lupin,
sans oublier de lever un sourcil perplexe.
« Il a pensé que cela serait bien si vous pouviez surveiller
Harry jusqu’à ce qu’il aille mieux….et votre
tâche sera facilitée, vu qu’il va emménager
dans les appartements à coté de chez vous…. »
Snape pâlit de rage, il sentit la colère monter en lui, puis
se ressaisit, ne laissant rien paraître, et dit d’une voix
polaire :
« Vos paroles sonnent plus comme un fait qu’une proposition,
je me vois dans l’obligation de surveiller ce gamin. »
Le mépris était clairement visible dans sa voix.
« Et comment Albus croit-il que je vais garder un œil sur lui
en permanence ? Je n’ai pas que ça à faire...et il
y aura de nombreux moments où il échappera à ma surveillance….
Sans compter que vu vos ‘relations’, ça serait plus
à vous de vous en occuper. »
Il avait dit ces derniers mots comme s’ils lui écorchaient
la bouche.
Rémus, plus que surpris, répondit :
« Je ne vois absolument pas ce à quoi vous faites allusion,
vous vous méprenez… (Severus leva de nouveau un sourcil,
sceptique) …Quoi qu’il en soit, Albus a déjà
penser à tout (il sortit un petit écran de sa poche et le
tendit au maître des potions)…voici un écran qui s’active
uniquement à votre toucher ; il est directement connecté
à Harry. Dessus s’affiche : son état physique et psychologique
ainsi que le lieu et en présence de qui il se trouve et pour finir,
une liaison vidéo directe, mais celle-ci s’active sur demande
ou dans les cas d’urgences… »
Il réprima un sourire à la fin de son petit discours.
Severus avait désormais les sourcils froncés.
« Et puis-je savoir ce que cela m’apporte, à part une
perte de mon précieux temps à cause d’un pauvre gamin
prétentieux en mal d’attentions?... »
Remus sembla réfléchir un instant :
« Vous pourriez peut-être comprendre qui il est réellement,
au lieu de vous enfermer dans vos préjugés ; Harry est bien
loin de la description que vous en faites, enfin, vous vous en rendrez
vite compte…»
Sur ce, il laissa le maître des potions dans le couloir, seul avec
ses réflexions. Ce dernier rangea l’écran dans une
de ses poches sans y faire plus attention que ça et retourna à
ses appartements, tout en espérant ne pas croiser son tout nouveau,
et il faut bien le dire, unique voisin.

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